La première revue de modélisme naval

SOMMAIRE
NEWS et BRÉVES - page 4
REPORTAGE - page 6 - 10 - 18 - 24 - 40
ESSAIS - page 14
MAQUETTE PLASTIQUE - page 30
PLAN ENCARTE - page 36
PLAN du MOIS - page 48
MARINE ANCIENNE - page 58
COURRIER des LECTEURS - page 64
TRUCS et ASTUCES - page 66
BIBLIOTHÉQUE - page 68
ARTICLES PARUS en 2002
ECHOS - page 80
PETITES ANNONCES - page 82
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Revue n° 479

OCTOBRE 2003


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EDITO

Regard sur les bateaux de travail et leurs maquettes

   Dans la dernière décennie, de grands rassemblements d'anciens voiliers amoureusement restaurés ou fidèlements reconstruits ont attiré sur eux l'attention alors qu'on les croyait oubliés sauf de quelques amateurs. Depuis, tout un public s'extasie sur ces magnifiques bateaux, sur ces superbes vieilles coques. Mais qui songe à ce que ces bateaux furent véritablement à l'époque où ils travaillaient ? Certains qui nous semblent aujourd'hui si jolis, si pittoresques, furent en leur temps de véritables bailles et firent la misère des équipages.
   Magnifique ou superbe ne sont d'ailleurs pas les termes qu'un marin emploie pour parler du compagnon de ses peines et de ses joies ; il ne dit pas plus que beau et bon bateau et s'il lui arrive d'être porté au forex trading lyrisme, il dit : "la belle barque..." usant pour la louange d'un terme qui, dans sa langue, a un côté péjoratif.
   Pour lui, un beau bateau passe bien dans l'eau, sa voilure neuve établit bellement et les manoeuvres y sont de premier brin, il s'y trouve à l'aise.
   Un bon bateau fait bien son travail : bon marcheur, bon porteur ou bon pêcheur... pas tout à la fois mais un compromis entre les exigences quelquefois contradictoires de la route ou du métier. La bisquine qui pêchait au chalut au voisinage des côtes en est un très bon exemple : bateau puissant durant les traits et fin pour se remonter ensuite dans le vent, rapide enfin, pour aller vendre sa pêche fraîche dans le port où les espèces capturées se négociaient le mieux.
   Mais le tempérament des hommes faisait aussi les bons bateaux. Ainsi la rivalité aux régates des Cancalais et des Granvillais, ardents et audacieux torcheurs de toile, a été au voisinage des la première guerre mondiale, un facteur déterminant dans le dessin des coques de bisquines... Par ailleurs, l'homme de mer d'autrefois, peut-être moins traditionaliste que le paysan, refusait souvent la fatalité et savait innover lorsque le besoin s'en faisait sentir, dans les types de pêche comme dans la conception des baeaux. La ville de Cancale en mettant en valeur la coque du sloop Egalité, aurait pu témoigner d'un moment crucial de l'histoire de ses bateaux de travail, celui où un patron avait compris que l'avenir de la pêche serait au moteur.
   Sur les quais des ports, prospères aux jours de la voile, il n'y aura bientôt plus de vieux marins témoins de ce temps. Mais si nous apprenons à regarder les bateaux avec les mêmes yeux que les leurs, nous saurons alors comment donner de l'âme à nos maquettes et le fil de la mémoire sera à tout jamais renoué, un patrimoine ne sera pas enfoui...

Professeur Jean Le Bot - Amateur de marine


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